
Un incident violent survenu en août dans le centre de la capitale a relancé le débat sur la sécurité à Luxembourg-Ville. Les statistiques de la police montrent une hausse significative des agressions, des vols violents et des vols dans les voitures, mais aussi une baisse des cambriolages de logements. Alors que le nombre de policiers a augmenté de 32 % depuis 2021, les autorités reconnaissent que le problème n’est pas complètement résolu.
(Rédaction : Luxembourg / Justice et sécurité publique)
Un incident grave survenu en août dans la Grand-Rue, au centre de Luxembourg-Ville, a remis au premier plan le débat sur la sécurité dans la capitale. Une femme a été victime d’une agression violente en pleine nuit, et le parquet a confirmé que les faits comprenaient un viol et une tentative d’homicide. Un homme de 40 ans, sans domicile fixe et de nationalité polonaise, a été arrêté. L’affaire a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux, notamment en raison de l’absence de réaction des passants, qui ne sont pas intervenus pour aider la victime. Parallèlement, de nombreux internautes ont exprimé leur inquiétude face au sentiment que la capitale devient de plus en plus dangereuse.
Mais que disent réellement les chiffres officiels ? La police a fourni des données aux confrères du Luxemburger Wort, et celles-ci montrent une hausse réelle de la criminalité dans plusieurs domaines.
Les agressions et les vols en forte hausse
Le nombre de coups et blessures ainsi que d’autres atteintes à l’intégrité physique a augmenté de manière constante ces dernières années. Alors que 671 cas de ce type avaient été enregistrés dans la capitale en 2021, la police en a signalé plus de 900 l’an dernier. Les vols avec violence ont suivi la même tendance, passant de 324 cas en 2021 à 434 en 2025.
La hausse la plus spectaculaire concerne toutefois les vols constatés. En seulement quatre ans, leur nombre a plus que doublé, passant d’un peu plus de 3 600 en 2021 à 7 704 l’an dernier.
Un autre phénomène préoccupe les autorités : les vols dans les voitures. Selon le porte-parole de la police, Frank Stoltz, ce type d’infraction a augmenté de plus de 130 % entre 2021 et 2025, passant de 583 à 1 352 cas.
De nombreuses arrestations, mais aussi des exceptions
Ce n’est pas seulement le nombre d’infractions qui a augmenté, mais aussi celui des arrestations. Cette année, 300 arrestations ont déjà été effectuées dans la région « Capitale », qui comprend Luxembourg-Ville et la commune de Hesperange, dont 72 rien qu’en août. La plupart sont liées à des vols, mais aussi à la criminalité liée à la drogue et aux cambriolages.
La bourgmestre Lydie Polfer (DP) a reconnu en mai qu’il s’agissait d’un « problème quotidien », en évoquant notamment la hausse des vols à la tire dans les transports publics, les tramways et les stations. Une campagne de sensibilisation a été lancée avec la police.
Il existe toutefois aussi de bonnes nouvelles. Les cambriolages de logements ont diminué. L’an dernier, 1 333 cas ont été enregistrés, soit environ 60 de moins qu’il y a cinq ans. Après un pic de plus de 1 700 cas en 2023, le nombre a nettement diminué au cours des deux dernières années.
Le Luxembourg prend une importance croissante dans le trafic international de drogues
Un autre aspect sensible concerne les infractions liées aux drogues. Bien que le nombre de cas enregistrés ait diminué, la police avertit qu’il ne s’agit pas d’une diminution réelle du phénomène. « Nous ne pouvons en aucun cas parler d’une réduction de ce type de criminalité », affirme Frank Stoltz. « Il s’agit plutôt d’une évolution similaire à celle observée au niveau national. »
Au niveau national, deux tendances distinctes se dessinent : moins de cas enregistrés de trafic, de détention et de consommation de stupéfiants, mais, parallèlement, le Luxembourg gagne en importance comme plaque tournante du trafic international de drogues. En témoignent les nombreuses saisies de drogue réalisées au Cargo-Center de l’aéroport de Findel ou encore la découverte spectaculaire de cocaïne dans un cylindre compacteur, dans une ferme à Bilsdorf, affaire derrière laquelle un baron colombien de la drogue serait impliqué.
Des hausses à l’échelle nationale
Au niveau national non plus, la situation n’est pas meilleure. Le rapport d’activité de la police, présenté en avril, montre que le nombre de coups et blessures est passé de près de 3 000 à plus de 4 100 entre 2021 et 2025, tandis que le nombre de vols est passé de 10 900 à plus de 20 000.
Le quartier de la Gare toujours au centre de l’attention
La police ne fournit pas de ventilation par quartier. « Une telle répartition n’a pas nécessairement de sens, ne serait-ce qu’en raison de la distance relativement faible entre des quartiers comme la Gare, Hollerich ou Bonnevoie », explique Stoltz. Il n’est toutefois pas surprenant que le secteur de la gare soit considéré comme un point sensible.
L’an dernier, après des rencontres avec les habitants des 24 quartiers de la ville, la bourgmestre Lydie Polfer a déclaré que « le sentiment de sécurité était une préoccupation majeure dans tous les quartiers » et que « les problèmes se déplacent, en raison de la gratuité des transports publics, notamment le long de la ligne de tramway ». Elle a reconnu que la présence policière avait été renforcée, mais qu’« elle n’est toujours pas suffisante ».
Davantage de policiers, mais un avenir incertain
Le nombre d’agents dans la région Capitale a considérablement augmenté. Au 1er janvier 2026, on comptait 355 policiers, contre 269 en janvier 2021, soit une hausse de 32 %. Cette année, la police peut recruter environ 200 nouveaux agents, le processus débutant en octobre. Il reste à voir combien seront affectés à la capitale, d’autres régions ayant également besoin de personnel.
Conclusion
La sécurité à Luxembourg-Ville est une réalité complexe. D’un côté, les statistiques montrent des hausses préoccupantes des agressions, des vols avec violence, des vols en général et des vols dans les voitures. De l’autre, les cambriolages de logements diminuent et le nombre de policiers a fortement augmenté. Malgré cela, le sentiment d’insécurité persiste, notamment dans le secteur de la gare, et les autorités reconnaissent que les efforts actuels ne sont pas encore suffisants. Le débat sur la sécurité dans la capitale reste ouvert, et les chiffres n’apportent pas de réponse simple.






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