
Une bagarre impliquant 50 travailleurs saisonniers, hébergés dans les dépendances du château de Looz à Hoepertingen, a entraîné l’évacuation d’environ 300 personnes. C’est le troisième incident de ce type en une semaine. Le bourgmestre a décidé de fermer le centre d’hébergement et les employeurs doivent trouver d’urgence un nouveau logement pour les travailleurs.
(Rédaction : Belgique / Société & Travail)
Un conflit entre deux groupes de travailleurs saisonniers hébergés dans les dépendances du château de Looz à Hoepertingen (Sint-Truiden) a dégénéré jeudi en une bagarre générale impliquant environ 50 personnes. Il s’agissait du troisième incident de ce type en une seule semaine, et les autorités ont décidé d’évacuer l’ensemble du domaine.
Que s’est-il exactement passé ?
La confrontation a eu lieu sur un terrain situé derrière le château, entre des membres de deux familles de travailleurs saisonniers qui vivaient dans deux dépendances distinctes pendant la saison de cueillette des fruits. « Deux groupes d’environ 25 personnes chacun se sont battus. Plusieurs personnes ont reçu des coups violents et ont été blessées, certaines devant être transportées à l’hôpital », a déclaré le bourgmestre Jo Feytons.
La police est intervenue avec une trentaine d’agents venus de plusieurs zones afin de calmer la situation et d’éloigner les travailleurs impliqués dans le conflit. Cet incident intervient après que la police a déjà été appelée deux fois sur place ces derniers jours pour d’autres altercations.
Évacuation : une décision nécessaire
Face à la répétition des incidents, les autorités ont décidé de mettre temporairement fin à l’hébergement de travailleurs saisonniers dans les dépendances du château. Environ 300 personnes y séjournaient au total, soit un nombre largement supérieur à la capacité autorisée. Tous les travailleurs ont reçu l’ordre de quitter le domaine et les employeurs doivent leur trouver d’urgence un nouveau logement.
« Nous regrettons cet incident. La violence n’est pas tolérée sur notre domaine », a déclaré Ruben Van Vloten, administrateur du château de Looz. « La bagarre n’a rien à voir avec l’activité hôtelière proprement dite. C’est une décision regrettable, mais nécessaire. Une initiative visant à soutenir le secteur fruitier local ne peut exister que si la paix et la sécurité de tous sont respectées. »
Le mécontentement des habitants
Les habitants de la région se plaignaient déjà depuis un certain temps du grand nombre de travailleurs saisonniers hébergés dans les dépendances du château. « Près de trois cents jeunes qui séjournent ici, cela cause forcément des problèmes », a déclaré un voisin. « Je n’ai pas vu la bagarre elle-même, mais j’ai vu tous les travailleurs être emmenés en bus le soir. »
Un autre habitant a ajouté : « Mon ami n’ose pas sortir seul promener le chien après dix heures du soir. Tous ces hommes qui restent dans le quartier, boivent de la bière et s’allongent dans l’herbe… Il n’a jamais été harcelé, mais ce n’est pas une situation agréable. Ce n’est pas un endroit adapté pour héberger autant de personnes. »
Conclusion
Les incidents survenus au château de Looz mettent en lumière un problème plus large concernant les conditions d’hébergement et la gestion des travailleurs saisonniers dans l’agriculture belge. Une capacité d’hébergement insuffisante, la surpopulation et l’absence de contrôle adéquat ont créé une situation explosive qui a nécessité une intervention drastique des autorités. Reste à voir si cette mesure suffira à apaiser la situation et à garantir des conditions décentes aux travailleurs qui sont essentiels à la récolte fruitière de la région.







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